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Voyager à l’étranger avec une maladie du foie


Voyager est possible lorsque l’on vit avec une maladie du foie ou après une transplantation hépatique. Les voyages scolaires, les séjours en famille, les études ou stages à l’étranger peuvent tout à fait s’inscrire dans une vie normale.

Cependant, une préparation rigoureuse est nécessaire afin de voyager dans les meilleures conditions de sécurité. Ces voyages nécessitent :

  • une préparation médicale anticipée ;
  • des documents à jour ;
  • une gestion rigoureuse des traitements ;
  • une assurance adaptée ;
  • une organisation claire des soins sur place, notamment en cas d’urgence.

Les recommandations ci-dessous concernent les enfants et les adultes atteints d’une maladie hépatique, qu’ils soient ou non transplantés. Ces recommandations sont généralistes, en cas de doute, demandez toujours conseil à votre équipe médicale.

Préparer le voyage médicalement

🔍 Consultation avant le départ

Liens utiles

Avant de réserver ou d’organiser un séjour à l’étranger, il est indispensable de :

  • discuter du projet avec votre hépatologue ou votre centre de transplantation ;
  • préciser la destination, la durée du séjour et les activités prévues ;
  • demander, si nécessaire, un avis médical écrit ou des recommandations spécifiques, notamment concernant les vaccinations.

Il est donc important de consulter votre médecin expert. Cette consultation doit idéalement avoir lieu au moins 6 à 8 semaines avant le départ.


Il faut que vous partiez en ayant également  :

  • identifié les structures médicales proches du lieu de séjour ;
  • connaissance des coordonnées des services d’urgence sur place ;
  • discuté avec votre médecin de la possibilité, ou non, de soins en lien avec la maladie hépatique, en cas d’urgence, dans le pays de destination.


Dans certaines situations (période récente après transplantation, état de santé instable, traitements en cours d’ajustement…), ou dans certaines régions, le voyage peut être déconseillé ou nécessiter des précautions particulières. 

📋 Documents médicaux à prévoir

Préparez un dossier médical à jour comprenant :

  • un compte rendu médical récent ;
  • la liste complète des traitements et leurs posologies ;
  • les ordonnances ;
  • les coordonnées de votre équipe hospitalière ;
  • votre carnet de vaccination ;
  • votre carte d’urgence si vous en possédez une.


Emportez toujours deux copies de ces documents et si vous prenez l’avion conservez :

  • une copie dans le bagage cabine,
  • une copie dans le bagage principal.

Il est aussi possible de conserver une copie en format dématérialisée.


Pour les enfants: informer les accompagnants (équipe éducative, organisateurs de séjour, etc.) et transmettre les consignes médicales nécessaires.

En France, dans le cadre scolaire, l’organisation des soins peut s’appuyer sur un PAI (Projet d’Accueil Individualisé) : voir la section « situations particulières » un peu plus bas.

Médicaments et traitements

📦 Quantités et organisation

  • Prévoir une quantité suffisante de médicaments pour toute la durée du séjour, avec une marge de sécurité.
  • Anticiper les commandes en pharmacie.
  • Conserver les médicaments dans leur emballage d’origine avec étiquette nominative.
  • Si vous voyagez en avion, garder vos médicaments dans votre bagage cabine


Selon les situations, votre médecin peut recommander d’emporter :

  • une trousse d’urgence (traitements en cas d’allergie, diarrhée du voyageur…) mise en place avec l’équipe médicale experte ;
  • une solution de réhydratation orale ;
  • du matériel spécifique (seringues, dispositifs médicaux…).

🚚 Transport de médicaments

Avant le départ, vérifiez :

  • la réglementation du pays de destination quant à l’importation de médicaments ;
  • les règles douanières ;
  • les éventuelles autorisations nécessaires pour certains traitements.

Une prescription et une lettre médicale explicative peut être demandée aux contrôles de sécurité ou en douane.

Vaccinations et prévention des infections

🩺 Vaccinations

  • Vérifiez que les vaccinations habituelles sont à jour ;
  • Certains pays exigent des vaccins spécifiques : consultez un centre de vaccination internationale pour les recommandations adaptées au pays visité.


Certaines vaccinations doivent être réalisées plusieurs semaines avant le départ.
C’est pourquoi il est recommandé d’organiser une consultation médicale 6 à 8 semaines avant le voyage.


Chez les personnes transplantées ou sous immunosuppresseurs :

  • certains vaccins peuvent être contre-indiqués ;
  • toute décision vaccinale doit être prise avec le médecin spécialiste.

🛡️ Mesures générales de prévention

  • hygiène des mains rigoureuse ;
  • eau potable sécurisée ;
  • prudence alimentaire ;
  • éviter les zones à haut risque infectieux si possible.

Assurance voyage et prise en charge des soins

🌍 Souscrire une assurance voyage adaptée est indispensable

Points à vérifier :

  • couverture des maladies préexistantes : attention, de nombreux contrats excluent les personnes avec une maladie chronique ;
  • prise en charge des soins à l’étranger ;
  • hospitalisation ;
  • rapatriement sanitaire ;
  • annulation liée à un problème de santé.


En cas de rapatriement sanitaire, vérifiez que le contrat prévoit également la prise en charge du retour des autres membres de la famille
s’ils souhaitent accompagner la personne rapatriée.


De même, la clause d’annulation liée à un problème de santé doit couvrir l’ensemble des membres de la famille lorsque le voyage est organisé en commun.


Il est important de déclarer précisément son état de santé lors de la souscription.

🪪 Carte Européenne d’Assurance Maladie

Pour les séjours en Europe, demandez la Carte Européenne d’Assurance Maladie (CEAM) avant le départ (ou dès que vous y pensez si vous avez oublié de le faire avant).

La demande se fait en ligne sur le site de l’Assurance Maladie dont vous dépendez. La démarche est gratuite mais nécessaire.

Situations particulières

Voyage après transplantation récente

Un voyage à l’étranger dans l’année suivant une transplantation est généralement déconseillé sauf avis médical spécifique.

Décalage horaire

Pour les traitements à horaires fixes (notamment immunosuppresseurs), demander des instructions précises avant le départ si le décalage dépasse quelques heures.

Immunosuppresseurs et exposition au soleil

Il est recommandé, particulièrement pour les personnes sous immunosuppresseurs :

  • d’utiliser une protection solaire élevée contre les UVA et UVB (indice 50 ou écran total), à réappliquer régulièrement ;
  • de porter un chapeau à large bord (préférable à une casquette) et des vêtements couvrants ;
  • d’éviter l’exposition aux heures les plus chaudes (12h–16h) ;
  • d’utiliser des lunettes solaires anti-UV ;
  • d’avoir recourt, si nécessaire, à un parasol avec tissu anti-UV.

Voyage scolaire

Toute personne responsable du voyage (école, organisme, famille d’accueil, etc.) doit :

  • connaître globalement la maladie ;
  • avoir les documents médicaux utiles ;
  • savoir quoi faire en cas d’urgence.

L’équipe encadrante doit être informée :

  • des traitements quotidiens;
  • des horaires;
  • du PAI (Projet d’Accueil Individualisé) et donc de la conduite à tenir en cas d’urgence. Le PAI est généralement le document de référence pour organiser la prise en charge médicale pendant le séjour.

Les parents peuvent également expliquer de vive voix la situation médicale de l’enfant avant le départ si cela est nécessaire.


Chez l’enfant transplanté, il est indispensable que la trousse d’urgence de l’enfant accompagne le voyage scolaire, même si elle n’est pas explicitement mentionnée dans le PAI.

La trousse d’urgence contient les médicaments à administrer rapidement en cas de réaction allergique ou de situation médicale nécessitant un traitement immédiat, ainsi que l’ordonnance précisant la conduite à tenir.

Elle doit toujours accompagner l’enfant :

  • à la maison ;
  • à l’école ou en collectivité ;
  • lors de tout déplacement ou voyage.

Elle doit être régulièrement vérifiée afin de s’assurer :

  • que les médicaments ne sont pas périmés ;
  • que les doses correspondent au poids actuel de l’enfant ;
  • que les consignes médicales sont à jour.

Selon la prescription médicale, elle peut contenir notamment :

  • un antihistaminique ;
  • des corticoïdes ;
  • un auto-injecteur d’adrénaline ;
  • un traitement respiratoire si nécessaire.

En cas de transport en avion, la trousse d’urgence doit être placée en bagage cabine, accompagnée des ordonnances correspondantes.

Diarrhées du voyageur

La diarrhée est l’un des problèmes de santé les plus fréquents lors des voyages, en particulier dans certaines régions d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique latine. Elle est le plus souvent liée à l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés. Chez les personnes atteintes d’une maladie du foie ou ayant bénéficié d’une transplantation, elle peut présenter un risque particulier, notamment en raison du risque de déshydratation, d’altération de l’absorption des médicaments ou d’interactions avec les traitements immunosuppresseurs.

La prévention repose principalement sur les mesures d’hygiène alimentaire : boire uniquement de l’eau en bouteille scellée ou traitée, éviter les glaçons, consommer des aliments bien cuits et servis chauds, éviter les fruits et légumes crus non pelés par soi-même, et se laver régulièrement les mains ou utiliser une solution hydroalcoolique.

En cas de diarrhée, la priorité est la réhydratation, idéalement avec des solutions de réhydratation orale. Il est recommandé de surveiller attentivement l’état général, la fréquence des selles et l’apparition de signes de gravité (fièvre élevée, sang dans les selles, vomissements persistants, signes de déshydratation).

Chez les personnes transplantées ou sous traitement immunosuppresseur, ou en cas de diarrhées importantes ou prolongées, un avis médical auprès du centre de transplantation doit être recherché rapidement. Avant le départ, il est conseillé de discuter avec l’équipe médicale des médicaments à emporter et de la conduite à tenir en cas de diarrhée pendant le voyage.


Conseils plus spécifiques pour les enfants :

Chez un enfant, la diarrhée expose également à un risque de déshydratation, parfois rapide. Il est important de faire boire régulièrement l’enfant, idéalement avec des solutions de réhydratation orale, même s’il ne réclame pas à boire.
Chez un enfant transplanté, la diarrhée peut modifier l’absorption des médicaments anti-rejet. Elle peut entraîner un surdosage (Modigraf®, Prograf®, Advagraf®) ou un sous-dosage (Néoral®). Il est donc important de prévenir le médecin afin qu’il décide si un dosage sanguin du traitement est nécessaire.

Voici les recommandations à retenir :

Si votre enfant a des selles liquides fréquentes (plus de 5 par jour) :

  • Enfant de moins de 3 ans : donner immédiatement une solution de réhydratation orale (SRO), se rendre aux urgences les plus proches et prévenir le centre de transplantation de l’enfant.
  • Enfant de plus de 3 ans : donner une solution de réhydratation orale, consulter un médecin en urgence et prévenir le centre de transplantation de l’enfant.
    Contacter le centre de transplantation de l’enfant et consultez très rapidement en cas de:
  • vomissements associés,
  • fièvre,
  • signes de déshydratation (fatigue, bouche sèche, peu d’urines, pleurs sans larmes),
  • diarrhée persistante,
  • transplantation récente.

Prévenez toujours l’équipe d’hépatologie / le centre de transplantation.
Ces situations doivent être anticipées lors de la préparation du voyage. Il est donc important d’aborder cette question avec le médecin spécialiste avant le départ afin de connaître précisément la conduite à tenir à l’étranger.

Vomissements

Les vomissements peuvent empêcher la bonne absorption du traitement anti-rejet et exposer à un risque de sous-dosage. Voici quelques conseils, mais en cas de doute, contactez votre médecin spécialiste.

Si votre enfant vomit après la prise du traitement anti-rejet :

  • moins de 15 minutes après la prise → redonner toute la dose
  • entre 15 et 30 minutes → redonner la moitié de la dose
  • plus de 30 minutes → ne rien redonner


Si les vomissements se répètent pendant plusieurs heures :

  • se rendre aux urgences les plus proches et téléphoner au centre de transplantation,
  • prévenir le service d’hépatologie.


Les vomissements peuvent entraîner une déshydratation rapide, surtout chez le jeune enfant.

Il est donc important d’aborder cette question avec le médecin spécialiste avant le départ afin de connaître précisément la conduite à tenir à l’étranger.

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