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Greffe 2025 : un niveau historique, mais une hausse du refus qui interpelle

Ce matin, 19 février 2026, l’Agence de la biomédecine a présenté à la presse le bilan de l’activité de prélèvement et de greffe pour l’année 2025 ainsi que les résultats du baromètre d’opinion 2026.

6 148 greffes réalisées en 2025

En 2025, 6 148 greffes d’organes ont été réalisées en France, soit 95 de plus qu’en 2024.
C’est le nombre le plus élevé jamais enregistré, mais cette progression reste toutefois mesurée (+1,5 %).

Elle s’inscrit dans le cadre du Plan ministériel prélèvement-greffe 2022-2026, dont le budget total prévisionnel sur cinq ans s’élève à 210 M€, avec un déploiement progressif des financements.

1 590 donneurs en état de mort encéphalique ont pu être prélevés en 2025.

Malgré ces résultats, 23 294 personnes étaient en attente d’une greffe au 1er janvier 2026, dont 11 642 en liste active (c’est-à-dire immédiatement greffables).
En 2025, 966 patients sont décédés alors qu’ils étaient inscrits sur la liste d’attente.

Une adhésion stable… mais un taux d’opposition en hausse

Le baromètre 2026 montre que 74 % des Français se disent favorables au don de leurs propres organes après leur mort, un chiffre stable depuis dix ans.

Le taux d’opposition au prélèvement atteint 37,1 % en 2025, contre 36,4 % en 2024. L’Agence de la biomédecine souligne par ailleurs que le refus est d’autant plus fréquent que la personne décédée est jeune. Cette tendance est en cohérence avec les résultats du baromètre 2026, qui montrent un recul de l’adhésion et du sentiment d’information chez les 16–24 ans.

Cette évolution est préoccupante. Elle l’est d’autant plus que l’adhésion déclarée au don reste élevée. L’écart entre opinion favorable et réalité des refus souligne un enjeu central : la compréhension du cadre légal et le dialogue au sein des familles.

Par ailleurs :

  • 90 % des Français estiment important que leurs proches connaissent leur position ;
  • mais seulement 49 % en ont réellement parlé ;
  • les 16–24 ans se déclarent moins favorables au don et moins bien informés que la moyenne de la population.

Cette situation interroge et inquiète.

Pourquoi le refus augmente-t-il ?

L’Agence de la biomédecine souligne plusieurs facteurs :

  • une circulation accrue de fausses informations sur les réseaux sociaux ;
  • la persistance d’idées reçues (notamment sur le consentement présumé ou les rites funéraires) ;
  • un climat général de défiance vis-à-vis des institutions ;
  • un déficit d’information chez les plus jeunes.

Les actions mises en place par l’ABM pour réduire l’opposition

Face à cette évolution, plusieurs actions ont été engagées :

  • renforcement de la formation des équipes hospitalières à l’abord des proches (formations en simulation notamment) ;
  • création d’une formation dédiée aux cultures, aux cultes et à la pédagogie du don ;
  • rencontre de l’ensemble des autorités religieuses et diffusion de vidéos exprimant leur position favorable au don d’organes ;
  • formation spécifique des aumôniers hospitaliers, notamment du culte musulman ;
  • audit systématique des coordinations hospitalières de prélèvement, avec corrélation observée entre qualité organisationnelle et taux d’opposition ;
  • accompagnement des établissements par les ARS afin de garantir des équipes de coordination suffisamment dotées ;
  • élaboration de recommandations de bonnes pratiques sur l’abord anticipé et l’accompagnement des proches.

Pour 2026, sont annoncés :

  • une mobilisation nationale visant à renforcer la formation des soignants hospitaliers ;
  • un engagement accru dans la lutte contre la désinformation et les contenus manipulateurs.

Pour les patients atteints de maladies hépatiques : la greffe est vitale

Pour les patients que représente l’AMFE, la transplantation n’est pas un traitement parmi d’autres.

Sans greffe d’organe, et en particulier sans greffe de foie, nombre d’enfants et d’adultes vivant avec une maladie hépatique à début pédiatrique ne pourraient pas survivre.

Chaque greffe réalisée représente une vie sauvée.
Chaque refus injustifié peut constituer une perte de chance pour un patient en attente.

Comprendre le don pour réduire le refus

En France, le don d’organes repose sur le principe du consentement présumé : toute personne est considérée comme donneur, sauf si elle a exprimé de son vivant son opposition, notamment en s’inscrivant sur le Registre national des refus, ou en l’ayant formulée par écrit ou oralement à ses proches.

Au moment du décès, les proches sont consultés. Ils ne donnent pas leur propre avis : ils sont interrogés afin de savoir si le défunt avait exprimé une opposition.

Lorsque la volonté du défunt n’est pas connue, l’incertitude peut conduire les proches à faire état d’un refus, ce qui empêche le prélèvement.

C’est pourquoi il est essentiel d’exprimer sa position de son vivant.
Si vous êtes favorable au don d’organes, faites-le savoir à vos proches. En l’absence d’information claire, le doute peut conduire à un refus.

Mieux comprendre ce que signifie « faire un don d’organes et de tissus », connaître le cadre légal et en parler clairement avec ses proches permet d’éviter les malentendus et peut contribuer à diminuer le taux d’opposition.

Un seul donneur peut sauver plusieurs vies.
Plusieurs organes peuvent être greffés (cœur, poumons, reins, foie, intestin, pancréas, valves, …).
Concernant le foie, il peut être divisé en deux greffons : une technique appelée partition hépatique (ou “split liver”) permet ainsi de transplanter deux receveurs, souvent un enfant et un adulte, à partir d’un même donneur.

Pour les patients en attente de greffe, cette compréhension collective n’est pas abstraite : elle conditionne des chances de survie bien réelles.

🎥 Pour mieux comprendre le don d’organes et de tissus, nous vous invitons à visionner les vidéos proposées dans cette publication.
Elles permettent d’éclairer les questions les plus fréquentes, de lever certaines idées reçues et de mesurer concrètement ce que le don change pour les patients et leurs familles.

Voir en vidéo

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Don d’organes et religions : représentants religieux expliquent leur position

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Peut-on choisir à qui on donne ses organes ? (Jamy parle aux enfants)

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Sensibilisation au don d'organes (pédiatrie)

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Ces enfants vivent grace aux donneurs

Bilan d’activité 2025 et baromètre d’opinion 2026 - Communiqué de presse

Bilan d’activité 2025 et baromètre d’opinion 2026 - Dossier de presse

5ème Comité national de suivi du plan greffe 2022-2026 - Diaporama

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